Fête médiévale de Guérande 2011
En 1365, après plus de deux décennies de guerre, le 1er traité de Guérande reconnaissant Jean de Montfort,
duc de Bretagne, ramène enfin la paix en Bretagne et dans le pays de Guérande…
Du moins le croit-on !
La ville peut continuer à se parer de ses remparts, les foires de Guérande attirer marchands et forains de
toute la Bretagne, et paysans et paludiers récolter les fruits d’une terre et d’une mer enfin apaisées…
Du moins le croit-on !
Ces 21 et 22 mai de l’an de grâce 1373, s’annoncent comme de belles journées de fête...
SAMEDI MATIN
La cité s’éveille sous le soleil du printemps. Damoiselles et damoiseaux envahissent places et venelles avec
leurs tenues chatoyantes comme les fleurs tapissent les prairies. Mai fleuri : an réjoui…
La foire de mai s’installe au pied des remparts, le marché dans la cité. Les étals se couvrent de
marchandises et les premiers curieux parcourent les allées avant la visite des échevins… Tout le pays guérandais converge vers la cité…
Les hérauts d’armes dressent les lisses sur la prée de la quintaine : les jeunes bacheliers et chevaliers du
pays de Guérande préparent leurs montures et aiguisent leur courage pour les tournois…
La journée s’annonce belle !
Soudain, à midi, un colporteur de rubans et de nouvelles arrive du chemin de Nantes : le duc et le roi sont à
nouveau en querelle, la paix a été rompue… Le roi envoie une armée sur Guérande… Elle est en chemin, dirigée par le nouveau connétable de France, Du Guesclin…
SAMEDI APRES-MIDI
La rumeur se répand comme une trainée de poudre dans la cité et les alentours…
Ils arrivent, il faut se réfugier dans la cité… le tocsin sonne…
Les villageois accourent des faubourgs, des frairies de Careil, de Clis, de Saillé et installent un camp de
fortune au pied de la collégiale, sous la protection de Saint-Aubin.
Les paysans des alentours arrivent également avec vaches, veaux, cochons, couvées aux portes de la cité et
installent leurs fermes improvisées sur les prairies de Sainte Anne…Les paludiers les rejoignent, emportant leur richesse avec eux : l’or blanc des marais.
Les religieux et religieuses du couvent Saint-Yves, quant à eux, trouvent refuge autour de
Notre-Dame-la- Blanche avec les gueux et trouvères qui parcouraient les campagnes de Guérande…
Les hommes d’armes et le capitaine de la ville organisent la résistance de la cité : aux portes, la garde est
renforcée…
La vie se concentre alors dans la cité, assurée de la protection de ses murs épais… la désolation restera
hors les murs.
Soudain, l’ost de Du Guesclin annoncée arrive avec force sonneries de trompette et poussière levée… Une
avant-garde de fiers chevaliers sur leurs destriers caparaçonnés fait le tour des remparts alors que le reste de l’armée installe son camp à l’ouest de la cité. Les tentes se dressent et
les machines de guerre s’y déploient prestement.
Les premiers assauts débutent dans l’après-midi : il s’agit de démonstrations de puissance face à la cité
recluse. Les couillards et mangonneaux envoient des boulets de pierre qui s’écrasent sur la muraille. De l’autre côté, au pied de la porte Saint-Michel, les cavaleries s’affrontent…
Les échevins en ont décidé : il faut parlementer. A l’heure des vêpres, ils vont solliciter une trêve
pour étudier les conditions du connétable … Une délégation rencontre Du Guesclin.
SAMEDI SOIR
Une trêve est accordée et la joie envahie la cité : les trouvères chantent, les buffets se dressent,
l’espérance envahit les cœurs comme le vin les esprits…
Les esprits chauffent, les mots fusent entre les parties.
Les Français se fâchent et décident de reprendre les hostilités. Le soir venant, un nouvel assaut
français s’organise… la ville résiste mais le local à poudre de la cité, touché par une flèche enflammée, explose.
La nuit noire interrompt l’attaque… mais peut-être pas les négociations dans le secret de
l’obscurité…
DIMANCHE MATIN
Le lendemain matin, la ville se réveille doucement dans l’incertitude de la journée, entre crainte et
espoir.
Les négociations secrètes de la nuit ont-elles abouties à un accord ? Les Guérandais l’ignorent… mais tout
paraît calme.
Soudain, une délégation d’échevins et de gens d’armes de la cité arrivent sur la place Saint-Aubin. Le
tambour roule : le capitaine de ville, monté sur le rocher sacré, annonce un accord de paix : un nouveau traité de paix sera signé ce soir…
Les Guérandais se rassemblent alors dans la collégiale, autour du curé prévôt et de son chapitre, pour une
messe d’action de grâce célébrant la paix …
L’espoir envahit les esprits. La menace d’un nouveau sac de la ville s’éloigne ; Celui de 1342 marque encore
les corps et les cœurs...
A la sortie de l’office, tous décident spontanément d’organiser une procession de joie où hommes
d’armes, bourgeois, paysans et gueux fêtent ensemble la paix retrouvée…
DIMANCHE APRES-MIDI
Chacun se retrouve le midi aux tavernes. Pain et plats sont partagés… les conversations sont animées, les
souvenirs partagés… Français et Bretons se retrouvent.
Le Connétable et ses capitaines, d’une part, les échevins de Guérande et le capitaine de ville, d’autre part,
négocient encore les termes du traité autour d’une table isolée. La discussion est âpre car la ville peut résister : les remparts sont solides, les celliers sont pleins, l’eau ne manque pas dans
les puits…
Du Guesclin n’est pas assuré de sa victoire malgré ses machines...
Chaque partie voudrait sortir la tête haute de cette aventure militaire…
Les négociations se poursuivent dans l’après-midi sous la pression des Guérandais qui aspirent à la fin du
siège… la vie reprend néanmoins dans la cité où l’on conjure le destin en feignant une vie normale. Les villageois vaquent à leurs occupations dans la cité, les trouvères animent les places et la
soldatesque à l’extérieur, pour jeter son feu, se complait à jouer la geste des assauts de la veille et les joutes équestres…
En fin d’après-midi, la situation n’est pas à l’avantage des Français. Du Guesclin doit s’y résoudre, il ne
gagnera pas la bataille de Guérande.
Il faut signer la paix. Le traité reconnaît la défaite des Français. Les troupes militaires défilent dans la
ville et rejoignent la prée de la quintaine pour la signature du document…
Les Guérandais, grands seigneurs, et pour sauver l’honneur du connétable de France, pourtant breton,
s’engagent à dissimuler ce traité aux yeux de l’histoire de France…'
Texte extrait du Site de la ville de Guérande.
Mais où sera Petits Pas?
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